Hubert TempêteLa macagna bastiaccia

Chanson

Où vas-tu Bastia ?

1978. Le Sporting joue l’Europe, la ville ne dort plus, et Hubert Tempête écrit la chanson qui va lui survivre.

C’est son plus grand succès, et de loin. Où vas-tu Bastia ? a dépassé le statut de chanson : l’expression est entrée dans le langage courant des Bastiais, et on l’emploie aussi bien pour parler de football que de politique.

Le contexte : l’épopée européenne de 1978

En 1978, le Sporting Étoile Club de Bastia réalise un parcours européen que personne n’attendait. Un club d’une ville de quelques dizaines de milliers d’habitants écarte des adversaires continentaux et porte toute une île. Bastia vit au rythme des matchs.

Hubert Tempête, qui écrit depuis vingt ans sur l’actualité de sa ville, fait ce qu’il a toujours fait : il met l’événement en chanson. Sauf que cette fois, l’événement est à la hauteur du refrain.

Pourquoi le titre est devenu une expression

La question « Où vas-tu Bastia ? » fonctionne à deux niveaux. Au premier degré, c’est la question du supporter : jusqu’où ira cette équipe ? Au second, c’est la question qu’une ville se pose à elle-même sur son avenir.

C’est pour cette raison que la formule a survécu au contexte sportif. Elle est reprise pour commenter le destin de la ville, ses choix, sa politique. Peu de chansons corses ont connu ce sort.

Emplacement réservé : photo d’Hubert Tempête sur scène ou du Sporting en 1978
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Un classique de la chanson corse

Quand le maire de Bastia Gilles Simeoni lui a remis la médaille de la Ville le 23 septembre 2026, c’est ce titre qui a été cité comme l’un de ses plus grands succès, « devenu un classique de la chanson corse ». Quarante-huit ans après sa création, la chanson est toujours reprise, notamment par les jeunes générations d’artistes bastiais.

Hubert Tempête s’est dit fier de voir la jeunesse reprendre ses chansons. C’est, de son propre aveu, le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre.

Un refrain qui part à Lisbonne

Le texte suit l’équipe dans son voyage européen : « Bastia est parti à Lisbonne, les cloches ont sonné pour les cloches », chante-t-il, avant d’avertir la ville qu’elle n’est « pas les Verts ». Le ton n’est donc pas celui de l’hymne : c’est celui de la macagna, qui encourage en se moquant, et qui prévient qu’on n’ira sans doute pas au bout.

Où l’écouter

Le titre est régulièrement interprété sur scène. Une version complète a été filmée au Festivale di a canzona corsa, au stade de Furiani, le mardi 5 juillet 2022 : voir la captation. On le retrouve aussi dans le concert des soixante ans de carrière, filmé à Biguglia en novembre 2018, et dans les reprises de I Mantini.

En revanche, la chanson ne figure sur aucun des disques retrouvés à ce jour : ni le disque public de 1976, ni la cassette des années 1990, ni l’album U Fanale. Voir la discographie.

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Sources

Page rédigée par Yvan Barbaggio — dernière mise à jour le .